Prise de vue
 
 
Action !
Clap !
 
Elle est debout de trois quarts, devant la fenêtre. En ombre chinoise.
Ses formes n'en sont que plus nettes.
Telle un félin, elle s'approche langoureusement de la lumière pour mieux s'offrir à ma vue...
Je la découpe, en morceaux choisis.
 
Une cape rouge, d'un velours épais et doux, aussi doux que ses lèvres humides...
Des bas, gris fumés sur une chair blanche et laiteuse, comme la fumée sur un ciel du matin...
De longs cheveux blonds, qui ondulent jusqu'aux reins,
caressent son dos et éveillent mon désir.
 
Elle se délecte de mon regard d'homme posé sur elle,
elle s'enivre de son pouvoir de séduction.
Elle en rajoute pour être sûre de m'avoir conquis.
Croisant ses jambes savamment, se penchant pour mieux laisser deviner ses formes ravissantes.
 
Son chemisier blanc ouvert sur sa gorge généreuse, laisse entrevoir un trait noir,
couloir sans danger pour celui qui a la permission de s'y aventurer,
point d'intersection, de deux courbes sensibles, que la main de l'homme aime caresser, happer, engloutir dans un élan de désir.
 
De longues jambes s'esquissent sous une jupe bleu nuit en velours moiré, qui capte le regard.
Le mouvement de la femme crée des ombres, des arabesques fantasques.
Au centre du corps, une proéminence gourmande,
accroche le regard, bientôt attiré par la danse de deux cuisses puissantes qui se devinent sous la jupe étroite.
Ô femme, fluide ensorceleur, mouvement sensuel et envoûtant.
 
Elle s'approche de moi pour me parler, secouant en arrière sa crinière sauvage et sophistiquée.
Elle rit à gorge déployée. Je n'en peux plus de contenir mon désir, que je sais partagé. Je m'approche silencieux et respectueux de cette déesse, qui m'est destinée. Je le sais. Tout dans ses postures me dit : « Je suis tienne corps et âme, je t'attends... alors qu'attends-tu ? Viens ! »
 
Nous voilà face à face, non pour nous battre mais pour nous perdre l'un dans l'autre, l'un avec l'autre, l'un par l'autre...
Je défais le nœud de sa cape, qui glisse jusqu'au sol. Elle s'abandonne, la nuque en arrière, me présentant son cou pour une morsure d'amour. Des frissons naissent du jeu de ma langue sur sa peau offerte.
 
Les boutons en nacre, sur son chemisier blanc sont une barrière momentanée, que je dois franchir pour accéder à des délices certains...
 
Adorable créature, elle m'aide à les défaire, m'invitant à en faire de même sur ma chemise arc en ciel.
 
Je découvre sous la sienne, une dentelle blanche, qui souligne ses courbes généreuses et attrayantes. Je me sens oiseau au dessus d'une chaîne de montagnes par un soir d'été, puissant et joyeux, comme un enfant devant des mets qu'il sait délicieux.
 
Mes mains savantes, s'aventurent sous sa jupe et délicatement font glisser ses bas fins. Pour ne pas la brusquer, je l'allonge sur le lit, qui nous attend, depuis trop longtemps.
 
Qu'elle est belle ainsi offerte !
 
Les parties de son anatomie, les plus sollicitées pendant le voyage que nous allons faire sont encore cachées sous quelques grammes de dentelle... Il ne tient qu'à moi de l'en délivrer.
 
Je la caresse du regard, ôtant mes propres vêtements et la rejoins dans le noir pour une exploration sans témoins...
 
Hum...
 
Coupez !
 
 
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