Prédateur sans coeur

Une créature inquiétante rôde
Elle est blanche et souriante
Elle s'approche tout doucement
Apprivoise le garçon égaré
Il est heureux le Petit Prince esseulé
Mais il aurait du se méfier
 
                          *
 
Quand l'apparence est trompeuse
 
Quand derrière la caresse attend la main de fer
 
Qui pénètre la chair
Arrache l'organe vibrant
Chaud et essentiel
 
Essentiel
 
Elle le prend, le hume, indifférente
La créature sans pitité
 
Elle le jette au loin, très loin
Pour oublier son carnage
 
Le petit être estropié saigne abondamment
Tout est rouge !
SANG
 
Il comprend doucement que s'il ne veut pas mourir
Il doit abandonner l'idée que la créature qui l'étonne va le panser
Il court ramasser le coeur
Tombé
 
Le remet à sa place
Les larmes aux yeux recoud la chair en lambeaux
 
Le petit moteur se remet à battre
Ouf !
Il est sauvé !
Sauvé le rescapé, miraculé !
 
Vite cours ! La créature dangereuse pourrait recommencer
Sauve-toi loin, très loin
Mets-toi à l'abri
Des prédateurs
 
Impitoyables
Quand leur territoire est menacé
 
Là où ils avaient promis la trève
Ils sont prêts à tuer
 
Le prédateur n'a plus de coeur
Il tue sans remords
Lorsqu'il est paniqué
 
Ne le crois jamais s'il t'a promis de t'épargner
Il t'achèvera sans hésitation
 
Attention !
 
                                        *
 
Le Petit Prince regagna sa contrée déçu et triste
Il pensait avoir trouvé un ami
Il s'était trompé
Il n'était entré dans la tanière de la bête blanche que parce qu'il y avait été invité
Il ne pensait pas qu'un guet-apens l'attendait là où il s'était livré
 
Il se promit d'être vigilant de mieux écouter ses rêves
Le Petit Prince en arrivant avait vu la créature blanche et souriante devenir noire, effrayante
La basculant sans pitié dans l'espace
Le Petit Prince mourrait asphyxié
 
Il avait lutté pour ne pas y repenser à chaque fois que la bête l'approchait
Elle était si douce et rassurante
Il la croyait
Car il l'aimait
 
 
 
 




















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