Une plage aux chariots de feu

Une horde de chevaux sauvages passe en courant

Libres, puissants

Enchanteurs qui galoppent au vent

************************************

Une petite fille aux cheveux blancs d'être si blonds me regarde de ses grands yeux bleus.

Elle m'interroge : que suis-je venue faire ici ? pourquoi ai-je choisi ce lieu plutôt qu'un autre ? pourquoi ai-je accepté d'y rester ?

- Je ne sais pas, petite. Je sens qu'ici c'est chez moi. Le bleu de la mer, comme tes yeux, le blanc de l'écume comme tes cheveux, la puissance des chevaux comme la vie qui est en toi. Je sens qu'ici, je me retrouve, je comprends, j'avance, je grandis.

**************************************

L'enfant se dirigea vers les vagues, trempa ses pieds dans l'écume fraîche et gourmande puis revint vers moi. Elle dessina sur le sable humide un soleil joyeux.

-Viu ! Como ta lindo o meu sol!

La fillette me demandait en portugais, si j'avais vu comme son soleil était beau. Je ne parlais pas sa langue mais je sentais qu'entre elle et moi, la communication se passait de mots, il n'étaient là que par habitude.

-Oui ! Il est beau ton soleil, beau comme l'espoir, comme la lumière et l'air, plein d'éclat.

*************************************

Nous nous prîmes par la main et nous fîmes des arabesques au bord de l'eau, notre public et notre dieu, auquel notre danse rendait hommage. Je la faisais tourner délicatement puis prise d'une sorte de furie jubilatoire, elle se mit à agiter sa tête en tout sens. Son corps suivait le mouvement. Elle était la vie, toute harmonie, toute énergie. Elle dansa ainsi un très long moment.

Le mouvement ralentit et elle s'assit sur le sable. Je la pris dans mes bras et l'emmenai avec moi.

Blottie dans mes bras, elle semblait si fragile. Elle, cet élan puissant, qui vibrait comme les vagues, quelques instants auparavant.

Retour à l'accueil