Une montgolfière ballottée sur les massifs pointus de la chaîne montagneuse... Les pointes égratignent la toile rouge qui surplombe le panier suspendu. Des fils se détachent sur la belle surface lisse et brillante. J'ai peur. Dans cet équipage fragile, je ne suis sûre de rien si ce n'est de moi-même. Nul autre que moi n'est stable dans ce paysage hostile. Vent, pointes acérées, solitude. J'ai peur. Je vois cependant le soleil derrière la chaîne qui m'encercle, rond, chaud et doux, fécond de vie et prodigue de lumière. Il monte, serein et tranquille. Il me voit, m'encourage, me protège. Il me soutient. Je ne suis pas seule. Il m'accompagne.

Des oiseaux passent, zébrant le ciel de mille trajectoires que leurs plumes voletantes prolongent. Leurs envergures géantes m'extasient et m'enchantent. Ils sont si légers. Allant et venant sans douter ni osciller. Je m’inspire de leur vol. Au-delà du vent, avec le vent, ils naviguent. Le vent les emporte, qu'importe ! Le vent les soutient aussi. Nulle trace d'inquiétude. Ils sont dans le moment seulement, conscients de tout ce qui les entoure, de tous les dangers éventuels, de tous les refuges possibles. Mais, ils n'anticipent ni ne préméditent. Éveillés, ils vivent l'instant.

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