Un air de silence
Un air de silence
Les mots
En leur absence
Torture du silence
S'ils se bousculent sans cesse
Et qu'on leur répète
Chut !
Le silence dort !
Dehors !
Les mots partent chagrins
Ils se font tout petits
Les mots comme un ruisseau caressent la brûlure
Du soleil qui s'est couché trop tôt
*
Une fillette regarde les vagues qui viennent mourir à ses pieds
Ses larmes vont nourrir la mer bleue, si bleue
Elle aimerait crier mais l'air est bizarre
Il avale les sons
Elle ferme les yeux
Elle s'envole parmi les étoiles
Elle rêve de dormir une petite éternité
Et d'être réveillée par un puissant rayon de soleil
Qui la réchauffe, la surprenne et l'exalte !
Un rayon de soleil rien que pour elle
Heureux d'exister dans cette unique rencontre
Sans dispersion
Sans éclatement
Une harmonieuse concentration
De lumière de chaleur de tendresse
Sur la peau douce de l'enfant
Qui somnole
Apaisée
Elle se surprend alors à chantonner
L'air est redevenu fluide, élastique, acoustique
La vie circule
Les mots ont un écho
Elle se sent mieux
Elle ouvre grand les yeux
Elle savoure le ciel bleu
La mer qui la caresse
Le vent qui la berce
Elle se lève, l'esquisse d'un sourire aux lèvres
Elle est vivante
Elle est contente