Petit Chaperon Rouge

mon coeur saigne entre les dents affamées
d'une créature invisible qui se nourrit de souffrance 
 
son haleine reconnaissable entre mille me hante
 
ô bête aux aguets
prête à me dévorer
dès que mon esprit distrait
à ma vigilance s'est échappé
 
concentrée sur le bonheur il faut rester !
malheur ! j'ai oublié...
 
regarder l'horizon de l'indépendante sérénité 
 
ne rien attendre
de l'illusion, au vent mauvais 
 
                                         *
 
ô loup ! y es-tu ? me vois-tu ? m'attends-tu ?
épargne-moi, veux-tu ?
je me suis endormie et ami je t'ai cru !
je t'ai invité, choyé, aimé et... tu m'as croquée !
coeur et âme
 
pauvre de moi
me voilà en bouillie
petite chose informe
il faut que je me reforme
 
                                         *
 
de lourdes larmes coulaient dans les yeux de l'enfant
 
enfant triste
enfant seul
 
- où sont tes parents, mon petit, dit la mamie ?
- partis ! ils s'ennuyaient avec moi, alors... ils s'en sont allés !
 
la vieille dame disparut dans un souffle
 
la fillette s'assit et pleura, longtemps
tant et tant qu'une mer se forma autour d'elle
 
par chance un tronc d'arbre lui servit de radeau
rudimentaire mais efficace
elle erra sur cette surface d'eau
et arriva finalement au pays chaud et verdoyant de l'autre monde
 
elle se sentait bien seule
jamais elle ne s'était sentie si petite, impuissante
 
elle s'arma de courage et frappa à une porte
on lui ouvrit avec un sourire
 
elle était arrivée !
enfin la vraie vie.
 
 




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