Où es-tu câline ?
Chère Lionne,
Où es-tu?
Où te caches-tu?
Que ne viens-tu rugir et chasser la peur ?
Que ne viens-tu chasser les noirs rôdeurs ?
Ces spectres familiers qui se nourrissent de peine.
Ces lourds fantômes avides de ma haine contre moi-même.
Toi seule les effraie
Toi seule les balaie
De ta puissance, de ta force, de ta lumière féroce.
Ô lionne amie, où te caches-tu donc ?
Es-tu morte ?
T'ont-ils tué toi aussi ?
La chasse est ouverte, m'a-t-on dit.
Aurais-tu commis une imprudence ?
Ô lionne amie, où es-tu donc ?
J'ai besoin de toi
Pour chasser le mal
Qui se propage ici.
Les esprits errants qui se nourrissent des larmes et du désespoir
Grandissent sans cesse
Et sur mon âme déchirée plantent les drapeaux de la victoire
D'un insidieux trépas ils célèbrent la gloire
Toi, la vie, sauve-moi !
Toi, amie puissante et claire, ne m'abandonne pas
Sur la pente glissante des noirs profondeurs
Sur la pente trop blessante de mes peurs et douleurs
Je t'attends
Dans la verte clairière de mes égarements
Dans la vaste contrée de mes promenades osées
Rejoins-moi
Rappelle-moi l'essentiel, le vrai, l'important
Que je ne bascule plus, un seul instant
Là où les brumes noires prennent possession de mon être
M'alliénant, m'envahissant
Car ainsi ligotée, je ne puis plus être
Je t'attends ô grande féline, câline, mutine
Que j'aime tant !
Ta chaleur, ta douceur, ta paix profonde me nourrissent et me soulèvent
Au-dela des rives du malheur
Des douleurs trop familières à mon coeur
Rivages trop longtemps entrevus
Où je ne veux plus déchoir
Un seul instant
Bien au-delà je veux voler
Me hisser
Me retrouver
Légère et diaphane
Vibrante et multiple
Entière Vivante !
Ancrée solidement dans l'instant présent.
*
Elle est de retour !
Sur son territoire, elle s'est installée.
Elle veille, majestueuse.
Rien ne peut l'altérer.
Elle est décidée à attaquer, déchiqueter, tout perfide créature qui viendra l'importuner.