Comment pourrai-je retenir mon âme, afin

de l'écarter de la tienne ? Comment pourrai-je

l'élever au-delà de toi vers d'autres choses ?

Oh combien j'aimerais savoir la dérober

en quelque endroit perdu, dissimulé dans l'ombre

en un lieu de silence, inconnu, et qui soit

loin de l'écho profond de ton âme qui vibre.

Et pourtant tout ce qui nous touche, toi et moi,

nous rassemble comme rassemble un coup d'archet,

qui de deux cordes ne fait jaillir qu'une voix.

Mais sur quel instrument sommes-nous donc tendus

Quel est le musicien dont nous sommes le jeu ?

Ô chant suave.

R.M. Rilke cité par Stéphane Hessel dans "Tout comptes faits... ou presque"

A l'amour et son irrésistible attrait. Fluide qui nous relie corps et âme, corps à corps, deux coeurs.

A la danse, ivresse des sens, exaltation de l'âme.

Amour tu nourris. Ou tu détruis. Que ne peux-tu seulement nous faire grandir, rêver, exulter?

Sans jamais revenir sur ce que tu as accordé.

Sans jamais blesser ce que tu as soigné.

Seulement partir sur la pointe des pieds...

Gentiment t'en aller lorsque ton temps est passé.

Sans cris ni pleurs

En douceur.

Comme tu es arrivé !

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