Alors que les mois de frimas et de blanc sont derrière nous, le printemps revient ! radieux et éloquent...
Rien de tel que l'énergie nouvelle, forte, indomptable et gourmande !
Naissance, transformation, rédemption.
J'accueille le printemps.
 
 
 
 
Petite pousse verte, sortie de terre, timidement. Connais-tu le printemps ?
 
Rieur, nouveau, prometteur, charmant. Charmant mes sens gourmands après une longue, trop longue abstinence où tout était tourné vers le dedans. Quand l'envie d'ouverture nous prend !
 
Il y avait sous la terre depuis un moment, une petite graine qui attendait son moment. Caresse solaire la réchauffant, elle s'enhardit gentiment à éclater son vêtement...
 
Nudité prometteuse, vulnérabilité de l'entre-deux, déstabilisante transition : tout est en mouvement. Puissance fragile dans cet élan où le devenir prend son temps et tend  vers un but inconnu mais désiré ardemment.
 
Tu n'imagines pas, toi arbre séculaire ! Ta mémoire à effacé les efforts, la foi, l'amour nécessaires à ta transformation. Trônant du haut de ta puissance, tu t'enorgueillis d'abriter tant de vies. Tu préfères oublier ta fragilité première. Elle te ferait pleurer. Tu ne veux pas t'attendrir. Tu ne t'autorises aucun fléchissement avec tout ce que tu portes. Tu as peur parfois et tu te figes. Tu vas mourir bientôt. Tu t'accroches aux certitudes. C'est ton dernier printemps
 
Elle passe, légère et lumineuse. Elle est si belle ! Lumière multicolore. Grâce évanescente. Elle est le fruit du jour, le caprice d'une enfant-fée : la créature papillon. Elle n'existe que pour embellir le ciel et incarner la fleur volante. 
 
Merci. Un sentiment de gratitude infini enfle ma poitrine. Mon coeur semble prêt à exploser d'une joie incontrôlable. Je ne puis croire que tant de beauté accompagne le miracle de la vie ! Tout cela m'est offert. Tout cela est pour moi. Je regarde.
 
Perfection d'un système de renouvellement constant, multitude de couleurs, formes, odeurs, sons. Ô richesse inouïe ! Que nous nous égarons lorsque nous nous éloignons de toi. Tout est là. Y compris le modèle et le maître. Je suis ton enfant. 
 
Sagesse : à te contempler, je sais. A t'entendre, je chante tes mots ensorceleurs et logiques, ta force est dans l'équilibre entre le système sans faille et la part de magie. 
Nature-mère, je suis ton enfant reconnaissant. Merci pour tes printemps, fruits de l'hiver, graines d'été et d'automne. Éternels recommencements. 
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